
Il était une fois une abeille aux yeux doux
Qui avait de l'amour pour un coquelicot.
Bien cachés dans un champ à l'abri des jaloux,
Ils vivaient leur roman paisible, sans écho.
Ils bénissaient le sort d'avoir fait connaissance,
S'endormaient enlacés sous la voûte du ciel.
Mais grisée par l'attrait de ces belles vacances,
L'abeille rechignait à fabriquer son miel.
Elle ne voulait plus, comme ses sœurs dociles
Qui voletaient gaîment du matin jusqu'au soir,
Butinant ça et là les douces fleurs graciles,
A la ruche porter le précieux nectar.
Elle devint alors énorme, monstrueuse,
Et bien trop lourde hélas pour le coquelicot.
Ne pouvant supporter sa maîtresse adipeuse,
Il tomba sur le sol et mourut aussitôt.
L'abeille ressentit en son cœur grande peine.
Mais aux beaux jours d'été vite se consola.
Pour un fort joli brin de fleur de marjolaine,
Elle se prit d'amour, et tout recommença !
Renée Jeanne Mignard
























